LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)
LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)
LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)
2 More
LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)

Vierge des Litanies

Details
LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)
Vierge des Litanies
plaque ovale en émail peint polychrome, rehauts d'or, monogrammée "LL" sur la fontaine, une inscription dédicace postérieure au revers, dans un cadre octogonal postérieur en bois noirci et bronze doré ; restaurations
H. totale : 39,5 cm (15 ½ in.), H. à vue : 28 cm (11 in.)
Literature
Bibliographie comparative :
F. Baron, "L’Iconographie de l’Immaculée Conception dans la sculpture médiévale et moderne en Normandie", in. Marie et la « Fête aux Normands », Rouen, 2018, pp. 163-178.
Further details
A POLYCHROME PAINTED ENAMEL PLAQUE DEPICTING THE LITANIES OF THE BLESSED VIRGIN, LIMOGES, LÉONARD LIMOSIN (1505-1575 OU 1577)

This plaque depicts a rare iconographic subject in enamel: The Litanies of the Blessed Virgin. At the center of the composition, the Virgin is surrounded by her mystical attributes, largely drawn from the Song of Songs, including the enclosed garden, the lily, the fountain of gardens and the spotless mirror. These are all metaphors for her original purity, giving visual expression to the doctrine of the Immaculate Conception, devotion to which experienced considerable growth at the close of the Middle Ages.

The success of this subject is closely linked to printmaking, the principal vehicle for its circulation. The prototype, attributed to the painter and draughtsman Jean d'Ypres (d. 1508), appeared in 1502 in Thielman Kerver's Heures à l'usage de Rome. There, the Virgin is enthroned at the center of a composition teeming with symbolic emblems, while God the Father appears above. The image quickly achieved widespread popularity and was reproduced in several Books of Hours. It synthesises a number of earlier Marian traditions, including the Woman of the Apocalypse and the Assumption, enriched by the metaphors of the Song of Songs.

It was especially in Normandy that this iconography became firmly established during the 16th and 17th centuries. The Heures à l'usage de Rouen printed by Antoine Vérard in 1503 served as a model for the sculptors of the choir stalls at Amiens, and numerous reliefs devoted to the subject survive at Évreux (Saint-Taurin), Falaise (La Trinité) and Le Tréport (Saint-Jacques). The popularity of the theme, however, was not confined to this regional centre. Through its ability to reproduce and disseminate models, engraving enabled this iconography to spread far beyond Normandy, reaching even the workshops of the Limoges enamellers.

While the subject appears in prints, paintings, sculpture and stained glass, it remains rare in enamel. To our knowledge, only one other enamel directly derives from this engraved model: a heart-shaped plaque by Pierre Reymond in The Frick Collection (inv. 2021.4.15). The present plaque by Léonard Limosin therefore belongs to a small corpus of works depicting this iconographic theme, although the differences in treatment observed between the two examples suggest that individual workshops may have had access to different variants of the model.

Léonard Limosin was associated with the French court from as early as 1536, enjoying the patronage of François I and later Henri II, who appointed him 'émailleur et peintre ordinaire de la chambre du roi' (Enameller and Painter in Ordinary to the King's Chamber). He is distinguished by the originality of his work, notably through his innovative choice of subjects, the mastery of his compositions and his sophisticated use of colour. The present plaque bears witness to the exceptional quality of his enamelling, both in conception and execution.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Head of Department - Paris

拍品专文

Cette plaque présente un thème iconographique rare dans le domaine de l'émail : la Vierge des Litanies. Au centre de la composition, la Vierge est entourée de ses attributs mystiques, puisés en grande partie dans le Cantique des Cantiques, dont le jardin clos, la fleur de lys, la fontaine des jardins, le miroir sans tache, autant de métaphores de sa pureté originelle qui traduisent visuellement le dogme de l'Immaculée Conception, dont le culte connut un essor considérable à la fin du Moyen Âge.

La fortune de ce sujet est étroitement liée à la gravure, principal vecteur de sa diffusion. Le modèle fondateur, attribué au peintre et dessinateur Jean d'Ypres (mort en 1508), paraît en 1502 dans les Heures à l'usage de Rome de Thielman Kerver : la Vierge y trône au centre d'une composition foisonnant d'emblèmes, tandis que Dieu le Père figure au sommet. La composition connaît rapidement un large succès et se répand dans plusieurs livres d'heures. Elle opère une synthèse de différentes traditions mariales préexistantes, telles que la Femme de l'Apocalypse ou l'Assomption, auxquelles viennent s'adjoindre les métaphores du Cantique. C'est notamment en Normandie que l'iconographie s'enracine avec le plus de vigueur aux XVIe et XVIIe siècles. Les Heures à l'usage de Rouen imprimées par Antoine Vérard en 1503 servirent de modèle aux sculpteurs des stalles d'Amiens, et de nombreux reliefs consacrés à ce thème sont conservés à Évreux (Saint-Taurin), Falaise (La Trinité) et au Tréport (Saint-Jacques). Toutefois, le succès du sujet ne se limita pas à ce foyer régional. Par sa capacité à reproduire et diffuser les modèles, la gravure permit à cette iconographie de circuler bien au-delà de la Normandie, jusque dans les ateliers des émailleurs limousins.

Si le sujet apparaît en gravure, peinture, sculpture et vitrail, il demeure rare en émail. À notre connaissance, un seul autre exemple reprend directement ce modèle gravé : une plaque cordiforme par Pierre Reymond conservée à la Frick Collection (inv. 2021.4.15). La présente plaque de Léonard Limosin s'inscrit ainsi dans un corpus restreint de la présentation de ce thème iconographique, bien que les différences de traitement observées entre les deux œuvres laissent supposer que chaque atelier pouvait disposer des variantes du modèle.
Léonard Limosin est associé à la cour de France dès 1536, protégé par François Ier puis Henri II, nommé « émailleur et peintre ordinaire de la chambre du roi ». Il se distingue par l’originalité de son œuvre, notamment par le choix novateur de ses sujets, la maîtrise de ses compositions et son sens de la couleur. Cette plaque témoigne de la qualité exceptionnelle de son travail d’émail, tant dans sa conception que dans son exécution.

More from Maîtres Anciens : Peintures - Dessins - Sculptures

View All
View All