拍品专文
Cette plaque présente un thème iconographique rare dans le domaine de l'émail : la Vierge des Litanies. Au centre de la composition, la Vierge est entourée de ses attributs mystiques, puisés en grande partie dans le Cantique des Cantiques, dont le jardin clos, la fleur de lys, la fontaine des jardins, le miroir sans tache, autant de métaphores de sa pureté originelle qui traduisent visuellement le dogme de l'Immaculée Conception, dont le culte connut un essor considérable à la fin du Moyen Âge.
La fortune de ce sujet est étroitement liée à la gravure, principal vecteur de sa diffusion. Le modèle fondateur, attribué au peintre et dessinateur Jean d'Ypres (mort en 1508), paraît en 1502 dans les Heures à l'usage de Rome de Thielman Kerver : la Vierge y trône au centre d'une composition foisonnant d'emblèmes, tandis que Dieu le Père figure au sommet. La composition connaît rapidement un large succès et se répand dans plusieurs livres d'heures. Elle opère une synthèse de différentes traditions mariales préexistantes, telles que la Femme de l'Apocalypse ou l'Assomption, auxquelles viennent s'adjoindre les métaphores du Cantique. C'est notamment en Normandie que l'iconographie s'enracine avec le plus de vigueur aux XVIe et XVIIe siècles. Les Heures à l'usage de Rouen imprimées par Antoine Vérard en 1503 servirent de modèle aux sculpteurs des stalles d'Amiens, et de nombreux reliefs consacrés à ce thème sont conservés à Évreux (Saint-Taurin), Falaise (La Trinité) et au Tréport (Saint-Jacques). Toutefois, le succès du sujet ne se limita pas à ce foyer régional. Par sa capacité à reproduire et diffuser les modèles, la gravure permit à cette iconographie de circuler bien au-delà de la Normandie, jusque dans les ateliers des émailleurs limousins.
Si le sujet apparaît en gravure, peinture, sculpture et vitrail, il demeure rare en émail. À notre connaissance, un seul autre exemple reprend directement ce modèle gravé : une plaque cordiforme par Pierre Reymond conservée à la Frick Collection (inv. 2021.4.15). La présente plaque de Léonard Limosin s'inscrit ainsi dans un corpus restreint de la présentation de ce thème iconographique, bien que les différences de traitement observées entre les deux œuvres laissent supposer que chaque atelier pouvait disposer des variantes du modèle.
Léonard Limosin est associé à la cour de France dès 1536, protégé par François Ier puis Henri II, nommé « émailleur et peintre ordinaire de la chambre du roi ». Il se distingue par l’originalité de son œuvre, notamment par le choix novateur de ses sujets, la maîtrise de ses compositions et son sens de la couleur. Cette plaque témoigne de la qualité exceptionnelle de son travail d’émail, tant dans sa conception que dans son exécution.
La fortune de ce sujet est étroitement liée à la gravure, principal vecteur de sa diffusion. Le modèle fondateur, attribué au peintre et dessinateur Jean d'Ypres (mort en 1508), paraît en 1502 dans les Heures à l'usage de Rome de Thielman Kerver : la Vierge y trône au centre d'une composition foisonnant d'emblèmes, tandis que Dieu le Père figure au sommet. La composition connaît rapidement un large succès et se répand dans plusieurs livres d'heures. Elle opère une synthèse de différentes traditions mariales préexistantes, telles que la Femme de l'Apocalypse ou l'Assomption, auxquelles viennent s'adjoindre les métaphores du Cantique. C'est notamment en Normandie que l'iconographie s'enracine avec le plus de vigueur aux XVIe et XVIIe siècles. Les Heures à l'usage de Rouen imprimées par Antoine Vérard en 1503 servirent de modèle aux sculpteurs des stalles d'Amiens, et de nombreux reliefs consacrés à ce thème sont conservés à Évreux (Saint-Taurin), Falaise (La Trinité) et au Tréport (Saint-Jacques). Toutefois, le succès du sujet ne se limita pas à ce foyer régional. Par sa capacité à reproduire et diffuser les modèles, la gravure permit à cette iconographie de circuler bien au-delà de la Normandie, jusque dans les ateliers des émailleurs limousins.
Si le sujet apparaît en gravure, peinture, sculpture et vitrail, il demeure rare en émail. À notre connaissance, un seul autre exemple reprend directement ce modèle gravé : une plaque cordiforme par Pierre Reymond conservée à la Frick Collection (inv. 2021.4.15). La présente plaque de Léonard Limosin s'inscrit ainsi dans un corpus restreint de la présentation de ce thème iconographique, bien que les différences de traitement observées entre les deux œuvres laissent supposer que chaque atelier pouvait disposer des variantes du modèle.
Léonard Limosin est associé à la cour de France dès 1536, protégé par François Ier puis Henri II, nommé « émailleur et peintre ordinaire de la chambre du roi ». Il se distingue par l’originalité de son œuvre, notamment par le choix novateur de ses sujets, la maîtrise de ses compositions et son sens de la couleur. Cette plaque témoigne de la qualité exceptionnelle de son travail d’émail, tant dans sa conception que dans son exécution.
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